4. Apprivoiser le cake-walk : la méthode de Paris Qui Chante (1903)

Paris qui chante 1903-1

Pour voir les détails : clic droit, « ouvrir dans un nouvel onglet » puis zoomer

[53] En janvier 1903, soit deux mois après les débuts des Joyeux Nègres sur la scène du Nouveau-Cirque, la revue Paris Qui Chante dirigée par Polin (chansonnier spécialisé dans le comique troupier) consacre la couverture de son deuxième numéro et quatre pleines pages au cake-walk 1. Fait inhabituel qui indique le caractère d’événement de la réception de cette danse dite « nouvelle », il ne s’agit pas de proposer les paroles et partitions de chansons en vogue mais de présenter l’origine et les procédés du cake-walk en s’appuyant sur des photographies des artistes. S’y donnent à lire – et à voir – les principaux ingrédients de la prise esthétique du « rythme pulsé (afro-)américain » qui est alors élaborée pour appréhender et monter en épingle la singularité du cake-walk. En guise de mise en bouche à son analyse dans l’ouvrage, on peut s’amuser, comme dans le « jeu des différences », à relever tous les éléments qui éloignent le registre du texte consacré aux Elks, blancs, du registre du texte consacré aux Petits Walkers, noirs (Rudy et Fredy Walker).

On trouvera des documents et détails (notamment des photographies et vidéos, ainsi qu’un lien vers un article étudiant les usages du cake-walk par Claude Debussy) sur cette page d’un site consacré aux chansons étatsuniennes.

 Paris qui chante 1903-3Paris qui chante 1903-4Paris qui chante 1903-5

Les danseurs de cake-walk du Nouveau-Cirque ont été filmés par les frères Lumières dès 1903

Comedy Cake Walk, American Mutoscope & Biograph Co., 11 mai 1903 (Library of Congress)

  1. « Le Cake Walk. Les célèbres Elks, initiateurs du cake-walk en France, dansant au Nouveau-Cirque » et « Le Cake Walk des Négrillons », Paris Qui Chante, 1ère année, n°2, 31 janvier 1903, p. 4-7.