5. Un échec significatif : le Kikapoo « indien » de 1904

Paris qui chante 1904-1

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[66] Paris Qui Chante présente en 1904 une nouvelle « danse nouvelle » qui reprend très exactement la recette qui a fait l’année précédente le succès du cake-walk 1 : les mêmes Mr et Mme Elks présentent le kikapoo (ou kickapoo) cette fois sur la scène du Casino de Paris, sur des airs tout aussi syncopés, avec des pas tout autant marchés et loufoques, filmés pareillement pour le compte de Pathé Frères (Gaston Velle, La danse du « kickapoo », octobre 1904). La seule différence importante est que le kikapoo est assigné à une origine « indienne » (le terme est repris du nom d’une tribu de langue algonquine, qui a donné son nom Paris qui chante 1904-2à une ville du Missouri) : une catégorie bien moins évocatrice en France 2 que l’origine « nègre » du cake-walk. Le kikapoo fait long feu – et avec, d’autres tentatives similaires comme dès janvier 1903 celle du tam-chin, danse « chinoise ». Son traitement permet néanmoins d’observer comment les catégories élaborées autour du cake-walk se sont déjà imposées comme doxa.

 

  1. « Le Kikapoo. Danse nouvelle créée par les Elks au Casino de Paris », Paris Qui Chante, n°54, 2e année, 31 janvier 1904, p. 2-3.
  2. Les prestations du Buffalo Bill’s Wild West Tour lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1889 ont rencontré un certain succès, décuplé par ses tournées à Paris et en province qui auront lieu en 1905 et 1906. Mais l’ »Ouest sauvage » ne fait pas partie de l’imaginaire colonial français.